Le port du foulard en Afrique

Une ancienne pratique devenue tendance

« Femme portant un foulard en tissu wax »

Le port du foulard date de l’époque précoloniale. En fonction du peuple qui le porte, le foulard était désigné par plusieurs termes : « Duku » au Malawi, le « Tukwi » au Botswana, le « Chitambala » en Zambie, le « Moussor » au Sénégal, le « Gele » au Nigéria et dans beaucoup d’autre pays de l’Afrique de l’ouest en langue Yoruba et « Ichafu » en Ibo.
Si le foulard était symbole de la culture et de la religion, son port n’était pas anodin. Il avait une signification particulière. Autrefois chez certains peuples, le foulard servait à protéger la femme contre les esprits surnaturels. Par ailleurs, il indiquait le statut matrimonial de la femme à la manière dont il était noué. On pouvait donc différencier dans la rue une jeune fille, d’une femme mariée, une veuve, d’une grande mère etc. Chez les Yoruba par exemple, si le bout du foulard pointait du côté droit, cela signifiait que la femme qui le portait était mariée et si la pointe du foulard était du côté gauche, la femme était un cœur à prendre et pouvait être courtisée. Dans d’autres cultures également le foulard était porté par des adeptes de certaines religions traditionnelles comme par exemple le « vodoun » au Bénin. Ainsi donc le port du foulard a été pendant longtemps autant un accessoire important de la coquetterie féminine. Mieux encore il était parfois un attribut de richesse car plus le foulard noué était complexe, plus la considération de la femme devenait grande dans sa communauté.

Le port du foulard a t’il toujours aujourd’hui les mêmes significations ?


Depuis quelques années déjà le port de foulard balance entre modernité et traditions. En réalité on assiste à une sorte de modernisation de cette ancienne pratique. Dans plusieurs pays comme le Nigéria, le Bénin, le Congo, la Côte d’ivoire etc.., le «Gele » revêt un caractère presque «révolutionnaire» chez la gente féminine. Que ce soit pour les femmes Yoruba ou d’autres cultures, le  « Gele » est très tendance et impacte fortement la mode autant sur le continent africain qu’ailleurs. Originaire du Nigeria, le Gele couvre entièrement la tête de la femme et de distingue bien pas son caractère large et quelque peu pointé vers le haut.

« Femme portant le Gele »

En plus de l’aspect traditionnel cette forme de foulard apporterait apparemment une touche d’élégance bien particulière. Au détour des cérémonies et de diverses festivités telles que les mariages, la dot, les baptêmes etc..de nombreuses femmes choisissent de relever leur féminité par cet accessoire devenu presque incontournable. Le « Gele » qu’il soit noué simplement ou de manière complexe, s’avère être de plus en plus une pièce phare dans l’habillement féminin. Le Gele qu’il soit associé à une robe ou encore à un «  bohoumba »(une tenue traditionnelle très courante en Afrique de l’ouest) octroie à la femme une prestance presque royale. Encore que même de nos jours en terme de considération sociale, cet accessoire traduit parfois la situation financière des concernées. Chaque femme se présente sous son beau jour selon l’étendue de sa richesse. On déduit que malgré la modernité, le port du foulard reste toujours autant porteur de message. Pour toutes ses raisons et biens d’autres encore il n’est donc pas étonnant de voir nos belles dames faire du Gele un choix prioritaire.

( Avis au lecteur : Images d’illustrations receuillies sur le net)

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