À la découverte de Charbel GBAGUIDI, candidat à la Présidence de l’AEMC…

Charbel GBAGUIDI, étudiant en 5ème année de médecine générale

Origine


Nous sommes à Cotonou, le jeudi 22 mai de l’an de grâce 1997 Il est 23h30 et c’est l’heure à laquelle le premier né de dame Yvonne OKPEICHA fit son entrée dans le monde. Ce petit être aux yeux marrons semblait si pressé de rencontrer le monde. Emilio Charbel Oluwatobi A. GBAGUIDI : ce sont les noms qui lui furent attribués. Oluwatobi comme pour dire Dieu est grand en « Nago », une culture du sud-Bénin dont il est originaire de par sa mère. Son père quant à lui, comme l’indique bien le nom GBAGUIDI, est issu d’une famille princière de Savalou, au centre du Bénin.

Emilio Charbel eu au fil des années deux frères cadets et une benjamine. Son enfance fut rythmée au gré des affectations de ses parents, tous deux professeurs certifiés des enseignements secondaires. La famille vécue successivement a Abomey-Calavi dans l’Atlantique, Cotonou (Littoral), Adjarra dans l’Ouémé, kétou dans le plateau puis bèmbèrèkè dans le Borgou et enfin une nouvelle fois Adjarra de nos jours.

Parcours


En 2007 à Bèmbèrèkè, dans le nord du Bénin, Emilio Charbel relève un premier défi : son admission au Certificat d’Etude Primaire (CEP). Il fit son entrée au collège, au CEG Bèmbèrèkè où il suivit un cursus régulier marqué par l’obtention du Brevet d’Etude du Premier Cycle (BEPC) en 2011 et baccalauréat série D en 2014.
Le baccalauréat désormais en poche, Charbel fut inscrit en Odontostomatologie à la Faculté des Sciences de la Santé (FSS) de l’Université d’Abomey-Calavi à Cotonou au titre de l’année académique 2014-2015. Malheureusement il reprit la première année, l’année académique suivante il obtint son sésame de passage sans aucune reprise de matière et fut transféré en médecine générale suite à une restructuration de l’unité d’odontostomatologie.
L’année académique 2016-2017 s’est une nouvelle fois soldée par un échec qui marqua un tournant décisif de sa vie sur tous les plans. Avant la FSS, lui qui n’avait jamais connue l’échec se trouvait soumis au doute et a une grosse incertitude. Mais la grâce de Dieu aidant il fit la connaissance d’une série de personnes spéciales avec qui il a appris à se réinventer. La page de l’échec tournée notre ami a ensuite régulièrement évolué pour se retrouver aujourd’hui inscrit en cinquième année de médecine générale. Notons entre autre qu’il est devenu CEO, consulting executive officer de la structure C&C Sellers spécialisé dans la vente en ligne de dérivés de téléphonie mobile et d’informatique.

Caractère


Dans la vie de tous les jours, Charbel apparait comme un jeune homme à l’allure fière si non parfois prétentieuse, à la limite arrogante. On pourrait croire qu’il vit trop à la lettre ses origines princières, héritage de son père mais nous y reviendrons. On lui reconnait toutefois une certaine éloquence et un caractère bien trempé.
Si son apparence et sa façon parfois maladroite de s’adresser à ses interlocuteurs n’en fait pas l’homme le plus populaire de sa communauté, sous la carapace se cache un homme sensible et passionnée. Les personnes les plus proches du jeune homme retiennent de lui, qu’il est très épris du bien être de son prochain et toujours passionnée quand il s’agit de défendre ses convictions. Il nous confie que son attitude s’explique en partie par le fait qu’en terme de relationnel, il avait appris à ne compter que sur lui-même depuis son enfance mainte fois tumultueuse.
«J’aime les gens et surtout ceux en qui je reconnais du talent et cela me passionne mais l’autre chose, j’insistais pour ne pas donner l’opportunité à qui que ce soit d’extérieur de me marcher dessus. A force de me forger ce caractère, la carapace et l’apparence de la prétention sont venus avec» a-t-il avoué.
D’un naturel introverti, il a tendance à être plutôt bavard mais parle très peu de sa vie personnelle. Il sait vivre en société, mais n’en reste pas moins renfermé, presque solitaire.

Ambition


Allure fière et prétentieuse ? Renfermé et solitaire ? On pourrait se demander comment avec une personnalité pareille, quelqu’un pourrait prétendre à poste de responsabilité quelconque. Mais si Charbel est sur d’une chose c’est que sa personnalité n’enlève rien à son leadership. Ses expériences antérieures en témoignent largement. En effet, en deuxième année, il fut responsable d’amphithéâtre dans l’unité d’odontostomatologie. Ensuite, au cours de la même année, il fut promu Deuxième honorable médecine du Conseil Central Fédéral auprès de la FNEB. Et c’est en tant que Président du comité d’organisation qu’il participe également à la première édition des JIEM (Journées d’Intégration de l’Etudiant en Médecine) à la rentrée académique 2017-2018. Après son passage en quatrième année, il a fait partie du comité d’organisation des grandes assises du REMAO Bénin en tant que membre du secrétariat et de la cellule communication. Autant d’expériences accumulées par le jeune étudiant qui attestent de ses capacités à s’engager dans des causes qui lui tiennent à cœur.
Si aujourd’hui Charbel postule pour la présidence du bureau exécutif de l’association des étudiants en médecine de Cotonou, c’est bien parce qu’il estime que de nombreux défis sont à relever et qu’il urge qu’après bientôt 50ans d’existence l’AEMC innove dans son fonctionnement quotidien.
Il explique que, tout au long de ses études, l’étudiant en médecine est socialement démunis et victime de beaucoup de préjugés qui ont cessé d’avoir du sens au fil de l’histoire. Pour optimiser son efficacité dans le travail, et ne pouvant pas se lamenter sur chaque cas clinique, ce dernier se doit d’atténuer sa sensibilité face aux misères humaines (la maladie, la mort etc…) qu’il côtoie dans le quotidien. Il évoque aussi l’impossibilité pour l’étudiant d’avoir une vie sociale active c’est-à-dire : participer à des évènements festifs, se distraire ou jouir régulièrement d’une émulation saine, à l’instar des étudiants d’autres filières. Puisque dès la troisième année, l’étudiant est déjà soumis à des gardes de 8h d’affilées et ainsi de suite jusqu’à la fin de ces études sans parler des conditions dans lesquels ils les effectuent. Mais plus important encore, Charbel se projette dans le futur de l’étudiant en médecine et met l’accent sur un point essentiel : le risque de chômage auquel il pourrait être confronté. Les recrutements, étant quasi inexistants, il s’interroge sur le sort qui sera réservé aux étudiants à la fin de leur formation.
Autant de sujets importants sur lesquels il souhaite se pencher si l’on lui donne la chance d’être le président du bureau exécutif de l’association des étudiants en médecine de Cotonou. C’est fort de cette détermination que, Emilio Charbel Oluwatobi GBAGUIDI, se porte garant pour élever la voix des étudiants en médecine pour de meilleures conditions de travail.

CHEVEUX AFRO : Un retour au sources pour les africains.

C’est quoi les cheveux afro ?


Les cheveux crépus présentent un aspect sec, avec des boucles très serrées. Ils poussent en spirale et sortent couchés sur le cuir chevelu, contrairement aux cheveux lisses qui poussent tout droit. Chaque brin de ce type de cheveux poussent dans une minuscule forme d’hélice semblable à un ressort. L’effet global est tel que comparé aux cheveux lisses, ondulés ou bouclés, les cheveux crépus semblent beaucoup plus denses.

Pendant de nombreuses années, les africains ont préféré les coiffures occidentales, défrisés au détriment des cheveux afro. Plusieurs facteurs déterminants ont favorisé l’abandon de leurs cheveux naturels. Un retour dans l’histoire s’avère nécessaire pour mieux en comprendre les raisons.

Histoire du cheveux afro

L’histoire des cheveux afro est originaire des différents groupes ethniques d’Afrique. L’apparition des premiers « Dreadlocks » remonte à l’ancienne Egypte. Socialement parlant, le soins des cheveux jouait un rôle significatif dans l’identité des tribus africaines. C’était un moyen de déterminer le statut social d’une personne basée sur l’ethnicité, l’âge, la richesse, la fertilité, la virilité la religion et bien d’autres critères. Certaines tresses étaient faites en fils de laine, d’autres avec de la boue ou encore de l’argile. La réalisation de ces coiffures s’étendait sur des heures et parfois des jours. Les femmes prenaient ces moments pour se socialiser et créer des liens avec les autres.

Puis vint le temps de l’esclavage où les européens ont commencé à kidnapper et à vendre des africains de tout statut social sur les côtes africaines. Beaucoup d’entre eux avaient des coiffures très élaborées. Certes les européens admiraient, la complexité des styles, textures et des ornements des cheveux noirs, mais il fallait faire disparaître leur identité afin de maintenir sur eux leur domination. Les propriétaires rasaient les cheveux des esclaves (hommes et femmes). Après avoir vécu trois mois sur des bateaux où l’hygiène et le soin des cheveux ne pouvaient pas être effectués, la plupart des esclaves avaient les cheveux emmêlés. Ils n’avaient plus le droit de maintenir leur cheveux dans le style de leur choix. N’ayant plus la possibilité de s’occuper de leur cheveux comme en Afrique, ils étaient contraints d’utiliser des huiles de cuisine, du beurre, du kérosène et des brosses de moutons. Les cultures africaines et les soins de beauté traditionnels ont commencé à disparaître. La peau noire, les cheveux crépus, les traits africains étaient considérés comme repoussants et laissa place à la peau claire, les cheveux lisses et les parures européennes. Les esclaves aux teint clair et au cheveux lisses étaient vendus plus cher.

Avec le métissage, les enfants biraciaux avaient des cheveux bouclés similaire à ceux de leurs pères. Avec ce grand lavage de cerveau, les noirs résignaient à l’idée que la peau noire et les cheveux crépus étaient moins attirants. Une mentalité qui a été transmise de génération en génération, inconsciemment ou pas. Au fil des ans il a été imposé aux femmes noires de couvrir leurs cheveux en public. Cette loi n’aura fait qu’attiser encore les regards sur les femmes noirs car leur créativité et leur fantaisies dans le port de foulard les rendant plus attrayantes. Après l’esclavage, ce qui était considéré comme beau cheveux se fit sur plus fins, plus lisses et se rapprochait des cheveux européens. Cet aspect des cheveux étaient devenu prépondérant pour que les noirs puissent trouver du travail, rentrer dans certaines écoles, églises et groupes sociaux. Autant de raisons de l’adoption des cheveux défrisés.

Le retour aux sources

Il a fallu de nombreuses années pour effacer les impacts psychologiques de l’esclavage et pour que les africains se réapproprient leur afro.
Dans les années 60 Angela Davis devient une icône du pouvoir noir avec son large afro. Les cheveux crépus devenaient un symbole de la fierté et du pouvoir noir. La célèbre phrase « Black is Beautiful » fit son apparition. Les « black » ont exploré depuis ce temps plusieurs sortes de coiffures alternant le « curly » (bouclettes) ,le défrisé, les nattes, les dégradés pour les hommes. À partir des années 2000, sans toutefois laisser définitivement le défrisage, les cheveux afro sont de plus en plus arborés par les noirs. Vers 2009 beaucoup de femmes noirs se sont remises complètement au naturel avec une sorte de revendication des cheveux afro. Plusieurs mouvements sont créés partout dans le monde et surtout en Afrique pour inciter les femmes à garder leur cheveux afro. Certains de ces mouvements ont pour but de conseiller les femmes sur les différents soins appropriés aux cheveux afro en fonction du type de leur cheveux. Le nombre de femmes au naturel a considérablement augmenté surtout à cause de la prévention sur le dangers des produits chimiques que contiennent les produits défrisants. Les mouvements « nappy » ( terme issu de natural et happy désignant les cheveux crépus) de nos jours consiste en réalité à faire apprécier de plus en plus les cheveux crépus aux femmes ou jeunes filles africaines mais également aux enfants. Un combat très profond puisqu’il vise également à renforcer la fierté africaine et donc de la culture.

Avoir des cheveux plus sains, plus épais, plus volumineux, plus long ou encore plus résistant : autant de motivation pour le retour naturel. À cela s’ajoute un désir de promotion de la culture africaine d’où l’importance de comprendre les liens étroits entre les cheveux afro et notre culture. Car en plus d’être la tendance capillaire du moment, garder ses cheveux afro revêt parfois un aspect presque révolutionnaire puisqu’il exprime l’affranchissement de la domination européenne sur les noirs.

Le port du foulard en Afrique

Une ancienne pratique devenue tendance

« Femme portant un foulard en tissu wax »

Le port du foulard date de l’époque précoloniale. En fonction du peuple qui le porte, le foulard était désigné par plusieurs termes : « Duku » au Malawi, le « Tukwi » au Botswana, le « Chitambala » en Zambie, le « Moussor » au Sénégal, le « Gele » au Nigéria et dans beaucoup d’autre pays de l’Afrique de l’ouest en langue Yoruba et « Ichafu » en Ibo.
Si le foulard était symbole de la culture et de la religion, son port n’était pas anodin. Il avait une signification particulière. Autrefois chez certains peuples, le foulard servait à protéger la femme contre les esprits surnaturels. Par ailleurs, il indiquait le statut matrimonial de la femme à la manière dont il était noué. On pouvait donc différencier dans la rue une jeune fille, d’une femme mariée, une veuve, d’une grande mère etc. Chez les Yoruba par exemple, si le bout du foulard pointait du côté droit, cela signifiait que la femme qui le portait était mariée et si la pointe du foulard était du côté gauche, la femme était un cœur à prendre et pouvait être courtisée. Dans d’autres cultures également le foulard était porté par des adeptes de certaines religions traditionnelles comme par exemple le « vodoun » au Bénin. Ainsi donc le port du foulard a été pendant longtemps autant un accessoire important de la coquetterie féminine. Mieux encore il était parfois un attribut de richesse car plus le foulard noué était complexe, plus la considération de la femme devenait grande dans sa communauté.

Le port du foulard a t’il toujours aujourd’hui les mêmes significations ?


Depuis quelques années déjà le port de foulard balance entre modernité et traditions. En réalité on assiste à une sorte de modernisation de cette ancienne pratique. Dans plusieurs pays comme le Nigéria, le Bénin, le Congo, la Côte d’ivoire etc.., le «Gele » revêt un caractère presque «révolutionnaire» chez la gente féminine. Que ce soit pour les femmes Yoruba ou d’autres cultures, le  « Gele » est très tendance et impacte fortement la mode autant sur le continent africain qu’ailleurs. Originaire du Nigeria, le Gele couvre entièrement la tête de la femme et de distingue bien pas son caractère large et quelque peu pointé vers le haut.

« Femme portant le Gele »

En plus de l’aspect traditionnel cette forme de foulard apporterait apparemment une touche d’élégance bien particulière. Au détour des cérémonies et de diverses festivités telles que les mariages, la dot, les baptêmes etc..de nombreuses femmes choisissent de relever leur féminité par cet accessoire devenu presque incontournable. Le « Gele » qu’il soit noué simplement ou de manière complexe, s’avère être de plus en plus une pièce phare dans l’habillement féminin. Le Gele qu’il soit associé à une robe ou encore à un «  bohoumba »(une tenue traditionnelle très courante en Afrique de l’ouest) octroie à la femme une prestance presque royale. Encore que même de nos jours en terme de considération sociale, cet accessoire traduit parfois la situation financière des concernées. Chaque femme se présente sous son beau jour selon l’étendue de sa richesse. On déduit que malgré la modernité, le port du foulard reste toujours autant porteur de message. Pour toutes ses raisons et biens d’autres encore il n’est donc pas étonnant de voir nos belles dames faire du Gele un choix prioritaire.

( Avis au lecteur : Images d’illustrations receuillies sur le net)