C’est quoi les cheveux afro ?

Les cheveux crépus présentent un aspect sec, avec des boucles très serrées. Ils poussent en spirale et sortent couchés sur le cuir chevelu, contrairement aux cheveux lisses qui poussent tout droit. Chaque brin de ce type de cheveux poussent dans une minuscule forme d’hélice semblable à un ressort. L’effet global est tel que comparé aux cheveux lisses, ondulés ou bouclés, les cheveux crépus semblent beaucoup plus denses.
Pendant de nombreuses années, les africains ont préféré les coiffures occidentales, défrisés au détriment des cheveux afro. Plusieurs facteurs déterminants ont favorisé l’abandon de leurs cheveux naturels. Un retour dans l’histoire s’avère nécessaire pour mieux en comprendre les raisons.
Histoire du cheveux afro

L’histoire des cheveux afro est originaire des différents groupes ethniques d’Afrique. L’apparition des premiers « Dreadlocks » remonte à l’ancienne Egypte. Socialement parlant, le soins des cheveux jouait un rôle significatif dans l’identité des tribus africaines. C’était un moyen de déterminer le statut social d’une personne basée sur l’ethnicité, l’âge, la richesse, la fertilité, la virilité la religion et bien d’autres critères. Certaines tresses étaient faites en fils de laine, d’autres avec de la boue ou encore de l’argile. La réalisation de ces coiffures s’étendait sur des heures et parfois des jours. Les femmes prenaient ces moments pour se socialiser et créer des liens avec les autres.
Puis vint le temps de l’esclavage où les européens ont commencé à kidnapper et à vendre des africains de tout statut social sur les côtes africaines. Beaucoup d’entre eux avaient des coiffures très élaborées. Certes les européens admiraient, la complexité des styles, textures et des ornements des cheveux noirs, mais il fallait faire disparaître leur identité afin de maintenir sur eux leur domination. Les propriétaires rasaient les cheveux des esclaves (hommes et femmes). Après avoir vécu trois mois sur des bateaux où l’hygiène et le soin des cheveux ne pouvaient pas être effectués, la plupart des esclaves avaient les cheveux emmêlés. Ils n’avaient plus le droit de maintenir leur cheveux dans le style de leur choix. N’ayant plus la possibilité de s’occuper de leur cheveux comme en Afrique, ils étaient contraints d’utiliser des huiles de cuisine, du beurre, du kérosène et des brosses de moutons. Les cultures africaines et les soins de beauté traditionnels ont commencé à disparaître. La peau noire, les cheveux crépus, les traits africains étaient considérés comme repoussants et laissa place à la peau claire, les cheveux lisses et les parures européennes. Les esclaves aux teint clair et au cheveux lisses étaient vendus plus cher.
Avec le métissage, les enfants biraciaux avaient des cheveux bouclés similaire à ceux de leurs pères. Avec ce grand lavage de cerveau, les noirs résignaient à l’idée que la peau noire et les cheveux crépus étaient moins attirants. Une mentalité qui a été transmise de génération en génération, inconsciemment ou pas. Au fil des ans il a été imposé aux femmes noires de couvrir leurs cheveux en public. Cette loi n’aura fait qu’attiser encore les regards sur les femmes noirs car leur créativité et leur fantaisies dans le port de foulard les rendant plus attrayantes. Après l’esclavage, ce qui était considéré comme beau cheveux se fit sur plus fins, plus lisses et se rapprochait des cheveux européens. Cet aspect des cheveux étaient devenu prépondérant pour que les noirs puissent trouver du travail, rentrer dans certaines écoles, églises et groupes sociaux. Autant de raisons de l’adoption des cheveux défrisés.
Le retour aux sources

Il a fallu de nombreuses années pour effacer les impacts psychologiques de l’esclavage et pour que les africains se réapproprient leur afro.
Dans les années 60 Angela Davis devient une icône du pouvoir noir avec son large afro. Les cheveux crépus devenaient un symbole de la fierté et du pouvoir noir. La célèbre phrase « Black is Beautiful » fit son apparition. Les « black » ont exploré depuis ce temps plusieurs sortes de coiffures alternant le « curly » (bouclettes) ,le défrisé, les nattes, les dégradés pour les hommes. À partir des années 2000, sans toutefois laisser définitivement le défrisage, les cheveux afro sont de plus en plus arborés par les noirs. Vers 2009 beaucoup de femmes noirs se sont remises complètement au naturel avec une sorte de revendication des cheveux afro. Plusieurs mouvements sont créés partout dans le monde et surtout en Afrique pour inciter les femmes à garder leur cheveux afro. Certains de ces mouvements ont pour but de conseiller les femmes sur les différents soins appropriés aux cheveux afro en fonction du type de leur cheveux. Le nombre de femmes au naturel a considérablement augmenté surtout à cause de la prévention sur le dangers des produits chimiques que contiennent les produits défrisants. Les mouvements « nappy » ( terme issu de natural et happy désignant les cheveux crépus) de nos jours consiste en réalité à faire apprécier de plus en plus les cheveux crépus aux femmes ou jeunes filles africaines mais également aux enfants. Un combat très profond puisqu’il vise également à renforcer la fierté africaine et donc de la culture.

Avoir des cheveux plus sains, plus épais, plus volumineux, plus long ou encore plus résistant : autant de motivation pour le retour naturel. À cela s’ajoute un désir de promotion de la culture africaine d’où l’importance de comprendre les liens étroits entre les cheveux afro et notre culture. Car en plus d’être la tendance capillaire du moment, garder ses cheveux afro revêt parfois un aspect presque révolutionnaire puisqu’il exprime l’affranchissement de la domination européenne sur les noirs.


